L'intoxication massive survenue le 25/01/08 àTranscom Raon L'Etape

La vraie version sur l'intoxication du 25/01/08 à Transcom

Bonjour à toutes et à tous, (et merci du temps que vous allez consacrez à ce Blog)

Je vais me faire certainement beaucoup d'ennemis, mais le jeu en vaut, je pense, la chandelle.

Le 25 janvier de cette année 2008, un évènement qui aurait pu devenir tragique est survenu dans la Zone Industrielle (ZI) de Raon L'Etape, plus précisément à Transcom (centre d'appels où les conditions de travails sont, sur une échelle de 1 à 5, de niveau 1).

Les salariés de cette entreprise ont été intoxiqués au monoxyde de carbone, selon la direction. Revenons sur le déroulement de cette journée afin de bien comprendre ce qu'il va se passer au fil du récit et si nous devons continuer à croire à cette version que les dirigeants de la société soutiennent. (Pour des raisons  que vous comprendrez, les noms des protagonsites ne sont pas dévoilés).

Le 25/01/2008, à partir de 8h15, peu après leur prise de poste, des salariés présents dans l’entreprise ont ressenti différents malaises comme des maux de tête, vomissements, saignements de nez, vertiges, etc.

Les premiers symptômes sont apparus chez Mme X dont l’équipe se trouvait en face de la porte menant à la chaufferie.

En effet, cette dernière souffrait de vives difficultés respiratoires et de troubles de la vision (gonflements des yeux). Mlle Y (SST) l’a donc aidée à sortir. Il est important de souligner qu’une fois à l’extérieur, l’état de Mme X s’améliorait légèrement.

Ayant appris que ce malaise n’était pas le premier de la semaine, Mlle Y  a décidé d’aller chercher M. Z en sa qualité de membre du CHSCT afin de constater les faits.

Au passage, un employé a demandé à vérifier si « les filtres de la clim avaient été changés récemment » car il se plaignait de vives irritations au nez et à la gorge, analogues à celles provoquées par du gaz lacrymogène.

Les responsables d’établissement n’arrivant pas avant 9h, Mlle Y et M. Z sont donc restés auprès de Mme X à l’extérieur, afin de surveiller l’évolution de son état.

Pour vérifier l’arrivée de M. W, RRH à Transcom, M. Z a fait plusieurs allers-retours à l’intérieur de l’établissement. A son retour dans les locaux, il a été violemment incommodé par une odeur irritante, puis a été interpellé par plusieurs de ses collègues postés prés de la position de travail de Mme X.

Peu avant 9h, Mme V, chargée d’intendance, est arrivée. Mlle Y lui a demandé si les produits d’entretien utilisés avaient été changés récemment. Cette dernière a été dans l’incapacité de répondre immédiatement.

Profitant de la présence d’une femme de ménage, Mlle Y a donc demandé si un changement avait été opéré dans les produits d’entretien utilisés. Suite à une infirmation, Mlle Y et M. Z accompagnés de Mme X se sont réunis dans le bureau du RRH en présence de Mme V et de M. W.

L’état de Mme X s’étant dégradé à l’intérieur des locaux, M. W a donc ouvert la fenêtre afin de la soulager. Après avoir exposer les faits, Mme V a émis l’hypothèse que ces maux pouvaient provenir du parfum d’une employée et a invité Mme X à commencer par arrêter de fumer. Mlle Y a signalé qu’elle avait elle aussi perçu une irritation du type de celle provoquée par du gaz  lacrymogène, comme d’autres salariés.

 

Tout en ironisant sur la situation, M. W a donc proposé à Mme X de s’installer dans une salle de réunion attenante au plateau, un des seuls endroits où il est possible d’ouvrir une fenêtre. Après l’entretien, de plus en plus de personnes se plaignait. Mlle Y et M. Z ont alors proposé à M. W d’évacuer les salariés. Ce qu’il a fermement refusé en préférant en déplacer une partie dans une autre salle. Le monoxyde de carbone étant inodore, il a déclaré être rassuré quant à cette éventualité.

Aux environs de 9h30, devant la multiplication des malaises, Mlle Y et M. Z ont conseillé aux salariés d’exercer leur droit de retrait.

Au cours de la demie heure suivante, et suite au refus des employés en droit de retrait de reprendre leurs postes, la Direction s’est résignée à évacuer l’ensemble du site 1.

Cette évacuation a pris un certain temps du fait du manque de réactivité des agents de maîtrise qui considéraient ce phénomène comme une « psychose collective ». Il est à noter qu’aucune disposition n’existant pour cette situation, des agents sont de nouveau entrés dans l’établissement afin d’aller chercher des fauteuils pour y installer les victimes.

Les secours ne sont arrivés qu’à 10h30. Le site 2, quant à lui, a été évacué vers 11h30 suite à l’alerte de M. A auprès des pompiers.

Ces évènements ont abouti à l’activation du « plan rouge » et à la fermeture du centre pour le week-end.

Lundi 28 janvier 2008 à partir de 14h00, une réunion CHSCT extraordinaire a eu lieu à la maison des associations  de Raon L’Etape. Cette réunion s’est déroulée en présence de :

-         Mlle N (Chef d’Etablissement)

-         Mme P (DRH Europe Sud)

-         M. W (RRH Transcom Raon)

-         Mlle B (RS )

-         M. C (RS)

-         Mme L (RS)

-         Mr H (RS SUD PTT)

-         Mme R (élue CHSCT)

-         Mlle S (élue CHSCT)

-         M. Z (secrétaire CHSCT)

-         M. T (Inspecteur DDTEFP)

-         Mr M (Ingénieur conseil CRAM)

-         Dr E (Médecin du travail)

-         Mlle F (témoin).

Lors de cette réunion, la Direction a rappelé les événements du 25/01/08 en déclarant avoir procédé avec succès  à l’évacuation du personnel et que les 36 personnes hospitalisées étaient toutes rentrées à leur domicile sans complication. Elle a également dit que les installations de la société avaient été mises hors de cause par l’expert nommé par le Procureur de la République et avaient été vérifiées à plusieurs reprises par la société IDEX chargée de la maintenance des installations. De même, la Direction a affirmé que l’origine de l’intoxication avait été identifiée comme venant d’un nuage toxique à l’extérieur, favorisé par des conditions météorologiques exceptionnelles. Elle soutenait que la nature de l’empoisonnement provenait exclusivement du monoxyde de carbone. C’est pourquoi la Direction dit avoir placé des détecteurs de ce toxique. Elle a poursuivi en informant le comité que la Préfecture avait autorisé, en l’absence totale de pollution le lundi matin à 7 heures, la réouverture des 2 sites.

 

A la suite de ces déclarations, Messieurs H et Z ont revendiqué la mise en place d’une cellule psychologique et ont interpellé la Direction sur les mesures à prendre en cas de récidive et de déclenchement des détecteurs.

Concernant la mise en place d’une cellule psychologique, la Direction s’y est montrée favorable. A propos de la réaction à adopter en cas d’alarme, il a été dit qu’il était préférable d’attendre la fin de l’enquête judiciaire en vue d’établir un protocole d’évacuation ou de confinement des salariés (le type de comportement à adopter s’avérant radicalement différent suivant la nature et la source du poison).

Afin de pouvoir garantir des conditions de travail sécurisées aux salariés via la validation par un expert indépendant, des membres du CHSCT ont demandé à avoir accès aux documents officiels d’expertises et autres qui permettent à la Direction de soutenir de telles allégations.

La Direction a répondu par la négative, prétextant l’enquête judiciaire en cours. Devant ce manque flagrant d’éléments objectifs et concrets, MM. Z et H ont indiqué que le maintien du droit de retrait s’imposait.

La Direction, par l’intermédiaire de Mme P, a vivement réagi en demandant si le CHSCT était au fait des procédures à respecter pour valider un droit de retrait. Les représentants de la Direction ont ensuite décrété que seule la période du 25/01/08 au 28/01/08 serait payée, et ce uniquement aux salariés ayant signalé par écrit l’exercice de leur droit de retrait.

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site